Les moustiques tigres

D’origine asiatique, les moustiques tigres constituent une espèce d’insecte particulièrement invasive et présente dans presque tous les pays du monde. Leur rythme d’implantation s’est surtout accéléré dans les zones tropicales. Ces dernières années, on assiste à leur résurgence dans toute la France. De nombreux départements ont été touchés et placés sous surveillance. En termes d’impacts sanitaires, cet insecte très agressif est vecteur de plusieurs maladies transmissibles. Par conséquent, des appels à la vigilance et des mesures de sécurité sont régulièrement émis par les autorités pour faciliter la prévention.

Le moustique tigre en France

Une espèce très répandue

Aèdes albopictus, c’est ainsi que sont scientifiquement désignés les moustiques tigres. Ils doivent leur nom à leur corps zébré, semblable à celui du tigre, teinté de noir et blanc. Certaines espèces sont couvertes de rayures jaunes et noires. Contrairement à d’autres espèces de moustiques, ils volent plus lentement et leurs piqûres visent le plus souvent les jambes ou les pieds. Leur petite taille varie entre 2 et 7 mm de longueur pour 1 mm d’épaisseur au plus. Les zones propices à la survie et l’expansion de ces insectes sont des zones en retrait comme les égouts, les bassins, les récipients où s’installe l’eau, celle de pluie le plus souvent. Les moustiques utilisent également l’eau stagnante dans les vieux pneus pour pondre leurs œufs et mieux développer leur larve. On comprend donc pourquoi l’été est la saison la plus favorable à leur expansion.

Le moustique tigre en France

Connues comme l’espèce de moustique la plus invasive au monde, elles se développent principalement dans les zones urbaines et leur territoire n’a cessé de croître en France métropolitaine. Plusieurs études récentes ont démontré que la présence d’Aedes Albopictus sera effective sur l’ensemble de l’hexagone d’ici 2030.

Actuellement, les départements les plus touchés sont ceux situés au sud de la France. La liste comprend le Lot-et-Garonne, les Alpes-Maritimes, la Haute-Garonne, les Bouches-du-Rhône, les Pyrénées-Orientales, l’Isère, le Vaucluse ou le Bas-Rhin avec un ancrage plus accentué en Languedoc-Roussillon et en PACA. C’est en métropole que le risque d’épidémie est plus élevé. L’agence régionale de santé d’Ile-de-France évoque une présence ponctuelle de ces insectes. D’autres pays européens sont également colonisés par la présence de ces moustiques. Ils prolifèrent en Belgique, en l’Espagne ou en l’Italie avec des risques d’épidémies sur tout le pourtour méditerranéen au sud du continent.

Les populations ne sont donc pas à l’abri de maladies tropicales comme le zika, la dengue ou le chikungunya qui font de plus en plus la une de l’actualité. C’est bien le moustique tigre qui est vecteur de ces affections contagieuses ainsi que d’une trentaine d’autres qu’il transmet au moyen de sa fine piqûre. Cette espèce pique en journée, au lever du jour et au crépuscule, et seule la femelle s’y consacre en s’attardant généralement à l’extérieur des habitations. Les premiers cas de chikungunya ont été identifiés dès 2005 en France et ceux de dengue en 2010. Quant à l’explosion du virus Zika, elle s’est largement concentrée depuis 2013 en Polynésie française.

Outre une grande fatigue, les symptômes des piqûres de moustique sont principalement les douleurs musculaires et articulaires, des céphalées et des éruptions cutanées. Mais dans plusieurs cas, des complications peuvent subvenir.

Des Complications issues des piqûres

Les complications, rares, sont liées au chikungunya et à la dengue. Ces infections ne peuvent être transmises que si la femelle a préalablement piqué une personne malade. Selon la pathologie, ces épidémies entraînent des troubles neurologiques, rénaux ou hépatiques, des nausées, des vomissements et même des hémorragies au niveau des gencives. Ces symptômes peuvent s’étendre sur plusieurs jours. Concernant le virus du Zika, des complications neurologiques et parfois congénitales sont à craindre. Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est une implication éventuelle : il s’agit d’une inflammation aiguë des nerfs qui peut mener à une paralysie généralisée des muscles pendant quelques jours.

Comment traiter les piqûres d’Aedes Albopictus

Piqure de moustique tigreEn cas de piqûres, il est préférable d’utiliser des remèdes classiques pour atténuer tout effet néfaste ou de contacter un médecin traitant pour bénéficier de conseils avisés. Il est toutefois recommandé de :
  • Procéder au lavage complet de la piqûre avec de l’eau et du savon pour la débarrasser de salives irritantes puis la mettre en contact avec une source de chaleur ou de froid (un bout de tissu imbibé d’eau chaude ou un glaçon).
  • D’appliquer sur la piqûre des traitements naturels en cas d’urgence. L’effet anti-inflammatoire et anesthésiant sert à atténuer les démangeaisons. On distingue parmi ces produits les huiles essentielles, la lavande, le clou de girofle, les feuilles de plantains, de la menthe poivrée ou des rondelles d’oignons. Leurs extraits annihilent l’effet du venin une fois qu’ils entrent en contact avec la piqûre.
  • D’utiliser le vieux remède du bicarbonate de soude mélangé avec de l’eau, d’imbiber un morceau de tissu de cette solution et de malaxer la piqûre durant quelques minutes.
  • De recourir à des compresses alcoolisées (alcool modifié à 70° uniquement) et de les appliquer sur la piqûre plusieurs fois par jour (uniquement pour les personnes âgées de plus de 36 mois.)
  • De contacter un médecin d’urgence en cas d’allergie pour se renseigner sur les prescriptions de pommade antihistaminiques, ou à base de corticostéroïdes.

Comment se prémunir de toute piqûre ?

Lutter efficacement contre Aedes Albopictus consiste surtout à mener des actions de prévention. Elles doivent se concentrer deux axes principaux :

L’élimination de toutes les eaux stagnantes de votre environnement pour annihiler leur prolifération. Débarrassez-vous de tous récipients, bidons ou pneus où stagne de l’eau, ou à défaut retournez-les de temps en temps pour en vider le contenu. Assurez-vous que vos gouttières, bassins et citernes ne contiennent pas des eaux résiduelles après chaque pluie. Taillez vos arbres, les herbes hautes et débarrassez-vous des débris végétaux en les brûlant si possible.

L’utilisation de répulsifs et l’implantation de pièges à larves et pièges pondoirs en polystyrène dans les zones de prolifération pour réduire leur population.

Enfin, les moustiques sont souvent attirés par l’odeur de la peau, la sueur ou les parfums. C’est ce qui explique que les femmes enceintes sont plus piquées à cause des hormones qu’elles secrètent. Il est donc indispensable de se couvrir la peau avec des vêtements amples ou d’appliquer des répulsifs sur les zones à découvert.